La méthode ATAX

Quatre mouvements, et rien de décoratif entre les deux.

Je produis peu de documents, et chacun sert à une décision précise. Ce qui compte, ce sont les faits établis, les options chiffrées au même barème et les conditions de réussite écrites noir sur blanc.

Principe directeurUne décision se défend par la visibilité de ses hypothèses, pas par l’autorité de celui qui la présente.

Les quatre mouvements

Du constat à l’exécution.

L’ordre compte autant que le contenu : chaque étape conditionne la validité de la suivante. Les durées indiquées valent pour un cadrage type.

01Semaine 1

Lire

Je pars des faits : ce qui tourne, sous quels engagements contractuels, avec quelles dépendances, et quelles décisions ont déjà été prises sans être écrites. Cette semaine-là, je pose surtout des questions et je lis des contrats.

  • Chronologie des décisions et des évolutions de périmètre
  • Cartographie des dépendances et des interfaces
  • Écarts entre la situation documentée et la situation réelle
02Semaines 2 à 3

Cadrer

Je reformule le problème, qui n’est pas toujours celui qui m’a été présenté, et je fixe les critères de décision avant de regarder les solutions. Dans l’ordre inverse, c’est la première offre reçue qui définit les critères.

  • Note de cadrage : problème, périmètre, exclusions assumées
  • Critères de décision pondérés et validés
  • Scénarios retenus pour instruction
03Semaines 3 à 5

Arbitrer

Impacts techniques, budgétaires, opérationnels et humains réunis dans un même document, puis présentés au niveau qui peut trancher. Un arbitrage rendu vaut mieux qu’un consensus qui n’engage personne.

  • Comparatif à périmètre et horizon identiques
  • Analyse de sensibilité sur les hypothèses les plus incertaines
  • Note d’arbitrage et décision consignée
04À partir de la semaine 5

Exécuter

Trajectoire par jalons, responsabilités nommées, critères de sortie par lot, rythme de suivi. Je m’arrête quand vos équipes tiennent le dispositif sans moi ; si elles ne le tiennent pas, c’est qu’il est mal calibré.

  • Trajectoire par jalons et par lots
  • Dispositif de pilotage et indicateurs de décision
  • Registre des risques acceptés et de leurs échéances

Principes

Six règles que je ne négocie pas.

Elles déterminent ce que j’accepte de produire, et ce que je refuse de faire même si on me le demande.

01

Les faits avant les intentions

Une situation se décrit à partir de ce qui est observable : contrats, configurations, journaux, chronologie. Les intentions se recueillent ensuite, et je les note comme telles.

02

Les hypothèses au même niveau que les chiffres

Chaque montant que je présente porte ses hypothèses. Un comité doit pouvoir contester une hypothèse ; il ne peut rien faire d’un résultat qu’il subit.

03

Le statu quo se chiffre

Ne rien faire cette année est une option légitime. Je l’évalue comme les autres, avec son coût et son risque. L’écarter par principe fausse tout le comparatif.

04

Une décision se date et se réexamine

J’écris ce qui devrait déclencher un réexamen. Sans cette clause, une décision périmée continue de produire ses effets pendant des années.

05

Rien qui dépende de moi

Ce que j’installe doit tenir après mon départ : des rituels, des critères, un registre. Une expertise que je serais seul à pouvoir exercer serait un défaut de conception.

06

Aucun intérêt commercial dans la recommandation

Je ne revends ni licence, ni matériel, ni prestation d’intégration, et je ne perçois aucune commission d’apport d’affaires.

Formats

Trois manières de travailler ensemble.

Le format découle du sujet et de l’échéance. Il est arrêté à la fin du premier échange.

2 à 6 semaines

Cadrage

Vous avez une échéance et trois options qui ne se comparent pas. J’établis la situation réelle, je ramène les scénarios au même barème et je vous laisse une note que vous pouvez présenter en comité de direction.

1 à 3 mois

Reprise

Le projet a glissé plusieurs fois et le reporting ne veut plus rien dire. Je reconstitue les faits, je remets un porteur sur chaque interface et je traite les décisions en attente.

Récurrent

Accompagnement

Quelques jours par mois auprès de la DSI ou de la direction générale : comités, revues de trajectoire, arbitrages au fil de l’eau. Le format se justifie quand les décisions reviennent, pas quand il faut trancher une fois.

Ce que l’on évite

Confondre mouvement et progrès.

Un projet peut produire des réunions, des comptes rendus et des tickets en quantité tout en restant incapable de répondre à trois questions simples : où allons-nous, pourquoi, et qui tranche.

Je remets ces questions au début. La technique redevient alors le moyen de tenir une trajectoire au lieu de servir de motif pour repousser l’arbitrage à la réunion suivante.

En pratique, cela veut dire refuser certains livrables : un audit qui ne conclut pas, un tableau de bord que personne ne lit, une cartographie périmée avant d’être utilisée, un plan d’actions sans propriétaire ni échéance. J’en ai produit assez pour savoir ce qu’ils coûtent et ce qu’ils changent, c’est-à-dire rien.

Le seul critère de réussite que je retienne : au moment où je pars, l’organisation décide mieux qu’avant, et sans moi.

Première étape

Trente minutes suffisent pour savoir si j’ai quelque chose à vous apporter.

L’appel sert à qualifier le sujet, l’échéance réelle et le niveau d’intervention utile. S’il n’y a pas de mission à faire, je vous le dis avant de raccrocher.